Faux colis, fausses livraisons, fausses promotions : les arnaques qui précèdent les fêtes
SMS de colis en attente, e-mail de frais de douane, site qui copie une enseigne connue, remise spectaculaire : les pièges se multiplient avant les fêtes. Comment votre équipe les reconnaît, ce qu'elle fait et qui prévenir, d'après les fiches de Cybermalveillance.gouv.fr et les enquêtes de la DGCCRF.
Aziz El HassouniConseil informatique et IA, Bastia
Novembre ouvre la saison des grandes opérations commerciales, et décembre celle des livraisons. Les escrocs suivent le même calendrier. Un SMS annonce un colis en attente, un e-mail réclame des frais de douane, un site copie une enseigne connue, une remise spectaculaire circule sur un réseau social. Dans une petite entreprise, ces messages touchent toute l'équipe, au moment où tout le monde commande et attend quelque chose. Voici comment les reconnaître, quoi faire et qui prévenir.
Le faux colis : un message, des frais, un lien
Vous recevez un message par SMS ou par mail au nom d'un transporteur, réel ou imaginaire. Un colis vous attend, mais il faut d'abord régler des frais d'expédition, d'affranchissement ou de douane. Le lien mène vers une page qui imite le transporteur et réclame votre carte bancaire. Quelques euros suffisent parfois : on paie sans réfléchir. Cybermalveillance.gouv.fr est catégorique : les entreprises de livraison ne vous demanderont jamais, par SMS ou par mail, de payer pour recevoir un colis.
En entreprise, la personne qui reçoit le message ne sait pas toujours ce qu'un collègue a commandé. La parade tient en une règle, à répéter à toute l'équipe : personne ne règle de frais de livraison depuis un lien reçu par message. Cybermalveillance.gouv.fr recommande de vérifier le véritable suivi du colis attendu ou de contacter directement l'entreprise de livraison. En pratique, tapez vous-même l'adresse du site ou demandez au collègue qui a passé la commande.
Le faux site et la fausse promotion
Deuxième famille : les fausses annonces promotionnelles et les faux sites marchands qui copient des enseignes officielles. Visuel soigné, prix très bas, compte à rebours qui tourne. Avant de sortir la carte, vérifiez que vous êtes bien sur l'adresse du site officiel, et non sur une copie créée pour la circonstance. Un seul caractère peut changer pour vous tromper. Le cadenas et le https n'y changent rien : ils indiquent une connexion chiffrée, pas un vendeur honnête. Lisez les mentions légales : elles précisent qui se trouve derrière le site. Tapez le nom du site dans un moteur de recherche, suivi du mot « arnaque » ou « escroquerie » : d'autres acheteurs ont peut-être déjà signalé le piège. Ne vous fiez pas aux avis affichés sur le site lui-même. En 2023, la DGCCRF a relevé des problèmes de faux avis sur près d'un tiers des 551 sites contrôlés. Au moindre doute, renoncez à l'achat.
Une remise se vérifie aussi. Le Code de la consommation impose à toute annonce de réduction d'indiquer le prix antérieur. Ce prix antérieur est le prix le plus bas pratiqué par le professionnel au cours des trente jours précédant la promotion. En 2024, les enquêteurs de la DGCCRF ont constaté qu'un tiers des établissements proposant des réductions étaient en anomalie : remises exagérées, parfois inexistantes. Comparez sur plusieurs sites avant de valider. Et si votre entreprise vend à des particuliers, cette règle des trente jours s'applique aussi à vos propres promotions, hors produits périssables menacés d'une altération rapide.
Les réflexes à donner à votre équipe
Ces pièges relèvent de l'hameçonnage, une technique frauduleuse destinée à leurrer l'internaute. La défense repose sur chacun, avec des consignes courtes, écrites et connues de tous.
- Ne communiquez jamais d'informations sensibles par messagerie ou par téléphone, quel que soit l'expéditeur affiché.
- Avant de cliquer, positionnez le curseur sur le lien pour lire l'adresse réelle. Sur un téléphone, ne cliquez pas : ouvrez le site officiel depuis un favori enregistré à l'avance.
- En cas de doute, contactez l'organisme concerné avec un numéro ou une adresse déjà connus, jamais ceux du message.
- Un message alarmant, qui exige une action immédiate ou menace d'une suspension de compte, est un signal d'alerte, pas une raison d'agir vite.
- Transférez tout message suspect à la personne désignée dans l'entreprise : un message partagé protège le collègue suivant.
- Activez la double authentification sur les comptes qui le permettent : un mot de passe volé ne suffira plus.
Quelqu'un a cliqué : quoi faire, qui prévenir
Cela arrivera un jour. Ce qui compte, c'est réagir vite, sans reproche à la personne qui prévient. Dans l'ordre :
- Coordonnées bancaires saisies : faites opposition immédiatement auprès de votre banque et surveillez les débits.
- Identifiants saisis : changez vos mots de passe sans attendre, sur le site concerné et partout où le même servait.
- Conservez les preuves : le SMS, l'e-mail, une capture de la page.
- Déposez plainte au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie.
- Signalez le SMS en le transférant au 33 700, et le mail ou le site douteux à Signal Spam.
- Fausse promotion ou site de vente trompeur : signalez-le à la DGCCRF via SignalConso, depuis la rubrique « Signaler un problème » de son site.
- Pour un conseil, appelez Info Escroqueries, le service du ministère de l'Intérieur, au 0 805 805 817 (appel gratuit).
Sources
- L'hameçonnage à la livraison de colis (nouvelle fenêtre), cybermalveillance.gouv.fr
- Le « Smishing » ou hameçonnage (phishing) par SMS (nouvelle fenêtre), cybermalveillance.gouv.fr
- Que faire en cas de phishing ou hameçonnage ? (nouvelle fenêtre), cybermalveillance.gouv.fr
- Comment sécuriser ses achats sur Internet ? (nouvelle fenêtre), cybermalveillance.gouv.fr
- « Black Friday » : les conseils pour vous prémunir des arnaques en ligne (nouvelle fenêtre), service-public.gouv.fr
- « Black Friday » : gare aux fausses promesses (nouvelle fenêtre), economie.gouv.fr
- Signaler un problème (nouvelle fenêtre), economie.gouv.fr
- Article L112-1-1 - Code de la consommation - Légifrance (nouvelle fenêtre), legifrance.gouv.fr