Une charte IA d'une page pour votre équipe : ce qu'elle doit contenir
Vos collaborateurs utilisent sans doute déjà l'intelligence artificielle, avec ou sans votre accord. Une page claire suffit pour dire ce qui est permis, ce qui est interdit et qui décide.
Aziz El HassouniConseil informatique et IA, Bastia
Dans beaucoup d'entreprises, l'IA est arrivée par le bas : un collaborateur l'utilise pour reformuler un email, un autre pour résumer un document. Rien de grave en soi, sauf quand un fichier client ou une information confidentielle part dans un outil dont personne ne connaît les conditions.
La CNIL recommande aux organismes d'encadrer les usages en définissant une liste d'utilisations autorisées et interdites, et de former les utilisateurs. L'ANSSI appelle de son côté à une posture de prudence lors du déploiement de ces outils. Une charte courte répond aux deux.
Ce que la charte doit dire
- Les outils autorisés dans l'entreprise, et ceux qui ne le sont pas.
- Les usages permis : reformuler, résumer, préparer un premier jet, traduire.
- Les usages interdits : saisir des données personnelles de clients ou de salariés, des informations confidentielles, ou confier une décision à l'outil.
- La règle de relecture : tout texte produit par l'IA et envoyé à l'extérieur est relu par une personne.
- La personne à qui poser la question en cas de doute.
Pourquoi une page, pas dix
Une charte que personne ne lit ne protège de rien. Une page, présentée en réunion avec deux ou trois exemples tirés de votre activité, sera retenue. Les exemples concrets comptent plus que les principes : « ne jamais coller le fichier des clients », « ne pas envoyer un devis rédigé par l'IA sans le relire ».
La faire vivre
Les outils évoluent vite. Revoyez la charte deux fois par an, et à chaque nouvel outil que l'équipe souhaite utiliser. Vérifiez à chaque fois si le fournisseur peut réutiliser les données qu'on lui confie : la CNIL invite à adapter l'usage en conséquence.